L’affaire Skobov
Skobov a été arrêté le 2 avril 2024 à Saint-Pétersbourg, chez le défenseur des droits humains Iouli Rybakov. L’instruction et l’ensemble du procès se sont déroulés au centre de détention provisoire de Syktyvkar, à mille cinq cents kilomètres de sa famille. En mars 2025, le 1er tribunal militaire du district occidental l’a condamné à 16 ans — pour ses écrits contre la guerre et son soutien à la défense de l’Ukraine. Le verdict est devenu définitif le 1er avril 2026.
- Arrêté
- 2 avril 2024
- Verdict
- 16 ans (devenu définitif le 1er avril 2026)
- Chefs d’accusation
- art. 205.2 al. 2 du Code pénal russe (« justification du terrorisme ») et art. 205.4 al. 2 (« participation à une organisation terroriste »)
- Peine
- 3 ans en prison fermée, le reste en colonie pénitentiaire à régime sévère
- Détenu à
- prison fermée T-2, Ielets, région de Lipetsk
- Âge
- 68 ans, presque aveugle à cause d’un glaucome
Dix jours avant son arrestation, le ministère de la Justice inscrit Skobov au registre des « agents de l’étranger ».
Skobov est arrêté à Saint-Pétersbourg, chez le défenseur des droits humains Iouli Rybakov. En signe de protestation, il refuse d’emporter ses lunettes et ses médicaments contre le diabète.
Skobov est transféré au centre de détention provisoire n° 1 de la république des Komis — à mille cinq cents kilomètres de Saint-Pétersbourg et de sa famille. C’est là qu’il passera toute l’instruction et tout le procès.
Skobov est conduit à l’hôpital psychiatrique de la république des Komis pour une expertise. Il refuse d’y prendre part. Trois semaines plus tard, il est ramené au centre de détention provisoire.
Le 1er tribunal militaire du district occidental, à Saint-Pétersbourg, ouvre les audiences. Skobov participe par visioconférence depuis Syktyvkar. Les audiences se tiennent à huis clos.
Le tribunal condamne Skobov à 16 ans pour deux chefs d’accusation — « justification du terrorisme » et « participation à une organisation terroriste ». Les trois premières années en prison fermée, le reste en colonie pénitentiaire à régime sévère. Dans son dernier mot : « Ici, c’est moi qui accuse ».
La Cour militaire d’appel de Vlassikha (région de Moscou) confirme le verdict.
Après deux mois de transfert à travers sept villes, Skobov arrive à la prison fermée T-2 d’Ielets, dans la région de Lipetsk — où il doit purger les trois premières années de sa peine.
Skobov est placé à plusieurs reprises en cellule d’isolement disciplinaire à Ielets. Les motifs sont disciplinaires ; sa vue continue à se dégrader.
La chambre militaire de la Cour suprême de la Fédération de Russie confirme le verdict. Skobov prononce son cinquième discours au tribunal ; les haut-parleurs de la salle sont coupés au début de son intervention.
Depuis Ielets, Skobov continue à écrire. Essais, lettres et discours au tribunal — dans la rubrique « Textes ». Textes